Paru le: 15-11-2026
Editeur: Les éditions Au Pays Rêvé
Isbn: 978-2-37872-084-1
Ean: 9782378720841
Prix: 22 €
Caractéristiques:
287 pages
Genre: Psychologie clinique / Psychothérapie
Thème: Pensee
Thèmes associés:
Fragments de vie
À la Lumière de Nice - Tome 1

Nice est une ville lumineuse et multiple. Un éclairage plus intime révèle la diversité dans sa vérité. Associés par cette aventure improbable – psychanalyste et photographe – chacun à sa manière, débusque l’intime.
Florian Sala, retraité actif, psychologue, psychanalyste, ancien professeur et directeur de Master Ressources Humaines Skema Business School, auteur de nombreux ouvrages techniques et d’un best seller en 2004 : « Un psy chez les DRH », Editions d’Organisation. Pierre Dehé, retraité actif, passionné de photographie, consultant en Ressources Humaines et coach certifié praticien PNL.
Dans le quartier du stade du Ray — là où se trouvaient des guichets de Seconde classe ouverts par tous les vents ou presque pour assister à un match de football, siégeait une rue bien curieuse portant fièrement le nom d’un poète dit maudit et sulfureux : la polissonne rue Charles Baudelaire.
À vrai dire, « Vous savez monsieur, le spleen n’est pas qu’à Paris » est la première phrase que j’ai entendue dans la bouche d’une certaine Edmonde lors de sa première consultation. Elle habitait depuis quelques mois dans la rue Baudelaire.
Mais ma mémoire culturelle n’étant pas avec l’âge au beau fixe, je ne faisais pas tout de suite la relation entre sa rue et son idée de spleen à Paris puis à Nice. Je n’avais pas gardé en ma mémoire — activité biologique et psychique sujette à dégradation — marquée irrémédiablement par les Fleurs du mal, cet autre petit grand livre du divin Charles Baudelaire, à savoir Le Spleen de Paris, 1869. Je n’avais, par ailleurs, jamais fait de lien précis entre spleen et Nice. Grâce à Edmonde, c’était donc chose faite. Je me trouvais par conséquent prêt à l’écouter — ou tout au moins à l’entendre grâce à mes récents appareils auditifs, pas tout à fait visibles de l’extérieur, mais presque.
Rue Bonaparte, vivait une femme encore jeune prénommée Mireille. Nous étions en 1988. Elle était de petite taille, éducatrice spécialisée, en recherche de sens, comme elle répondait souvent à ceux qui l’interrogeaient sur son curieux métier. Elle ne faisait pourtant de tort à personne, avec ses 37 ans et son mètre cinquante, en suivant les chemins d’une Niçoise qui ne menaient ni à Marseille ni à Paris. Mais, les braves gens n’aimaient pas, déjà à l’époque, que l’on prenne une autre route qu’eux. Ainsi chantait le poète ! Heureuses formulations : « on », « les gens », suffisamment évasives pour que, quiconque écoute cette chanson puisse y entendre un écho de sa propre histoire, et trouver quelque réconfort en fredonnant les refrains assurément anarchistes, cyniques, fainéants et extrêmes, d’un certain Georges Brassens, poète sorcier tout-puissant d’une époque à jamais révolue à Sète comme à Nice.


